
Journey Builder : créer et piloter vos parcours clients
8min • Édité le 24 sept. 2026

Alexandra Augusti
Chief of Staff
Un client vient d’acheter, un autre attend une réponse du support, un troisième n’a plus donné signe de vie depuis plusieurs mois. Leur envoyer la même séquence de messages serait simple à configurer, mais loin d'être pertinent. Un Journey Builder permet de construire des parcours qui tiennent compte de la situation de chaque client, de ses actions et de sa progression.
L’outil traduit votre stratégie d’orchestration de campagne en étapes : faire entrer une audience, attendre, évaluer une condition, activer une destination et arrêter le parcours lorsque l’objectif est atteint.
Ces fonctionnalités peuvent se trouver dans un outil de marketing automation ou dans une CDP qui propose un moteur de parcours. Voici comment elles fonctionnent, où construire vos journeys et quels critères examiner pour les piloter efficacement.
Les informations à retenir
Un Journey Builder coordonne des actions dans le temps, avec des conditions d’entrée, des attentes, des branches et des sorties.
Un outil de marketing automation peut suffire lorsque les données et les canaux nécessaires y sont déjà réunis. Une CDP dotée de fonctions d’orchestration devient pertinente pour piloter les parcours à partir des données clients et activer plusieurs destinations.
Comparez les règles d’entrée et de sortie, la gestion du temps, les activations et les moyens de suivre les résultats.
Pour réussir un parcours, définissez son objectif, vérifiez les données disponibles et testez les exceptions avant de le lancer.
Que fait un Journey Builder ?
Un Journey Builder est un éditeur de parcours client qui permet de définir une succession d’actions et de conditions. Il représente généralement cette logique sous forme de blocs reliés : entrée dans une audience, attente, évaluation d’un critère, activation d’une destination et fin du parcours.
Son intérêt tient à la gestion de la progression. Plusieurs personnes appartenant au même segment peuvent se trouver à des étapes différentes : l’une vient d’entrer, l’autre attend une réponse, une troisième a déjà atteint l’objectif.
Une cartographie du parcours client décrit les interactions et les besoins à chaque étape. Un Journey Builder sert à mettre en œuvre une partie de cette expérience. Une synchronisation d’audience, elle, peut suffire lorsque le besoin consiste simplement à maintenir une liste à jour dans une plateforme marketing.
Le terme désigne aussi des produits précis, notamment chez Salesforce. Dans ce guide, il est employé au sens générique : un outil permettant de construire et de piloter des parcours, quel que soit son éditeur.
Des interactions à traduire en activités concrètes
Avant de configurer un parcours, il est nécessaire de partir de l’expérience client recherchée. Quels points de contact comptent : une visite du site, un achat, un email de bienvenue ou un échange avec le service client ? Pour chaque interaction, associez un objectif, une source de données et une action mesurable. Cette préparation évite de dessiner un chemin séduisant mais impossible à exécuter.
Trois exemples permettent de préciser le besoin :
Accueillir un nouveau client. Après son premier achat, envoyer des informations utiles sur le produit ou votre marque, puis adapter le contenu à son utilisation. Les messages personnalisés doivent aider le client, sans lui proposer immédiatement ce qu’il vient d’acheter.

Exemples d’emails de bienvenue : Sephora, Respire, Asphalte et Balzac Paris. Sources : The Emailist et Email.lab.
Accompagner une décision. Un contact consulte plusieurs produits sur le site. Si ces interactions sont disponibles et utilisables dans vos règles marketing, elles peuvent orienter une communication pertinente. Un visiteur inconnu ne devient pas automatiquement un contact joignable.
Préparer un renouvellement. Le parcours combine la date d’échéance, l’engagement récent et les informations du service client. L’activité prévue peut être une notification à l’équipe commerciale plutôt qu’un nouvel email.
Ces exemples ne nécessitent pas tous les mêmes fonctionnalités. Pour les comparer, écrivez les activités attendues dans les différents canaux, puis les conditions qui doivent les interrompre. Le bon outil dépend de ce cahier des charges.
Comment préparer son premier scénario en cinq étapes ?
Avant de choisir un outil, commencez par décrire le parcours que vous voulez proposer. Les spécialistes CRM, les responsables de contenu et l’équipe data doivent partager une même description des activités prévues. Voici une méthode pour passer d’une idée de campagne à un scénario exploitable.
1. Décrire le résultat attendu et les contacts concernés
Choisissez un résultat précis : aider de nouveaux contacts à découvrir un service, faire revenir des clients inactifs ou accompagner l’utilisation d’un produit. Indiquez ce qui prouvera la réussite et ce qui justifiera l’arrêt des communications. Cette description sert de référence aux différents intervenants.
Pour un programme de bienvenue, distinguez les contacts qui ont seulement créé un compte de ceux qui utilisent déjà le service. Leurs besoins, les contenus utiles et les activités suivantes ne sont pas identiques. Commencez avec une population limitée pour vérifier la logique avant de multiplier les campagnes.
2. Recenser les sources et vérifier les données
Listez les sources mobilisées : CRM pour les contacts, système de commandes pour les achats, application pour l’usage et plateforme d’email pour les interactions disponibles. Pour chaque source, documentez le champ utilisé, son identifiant, son responsable et son délai de mise à jour.
Un tableau partagé facilite cette revue. Une ligne décrit une information, la source qui la fournit et la décision qu’elle permet de prendre. Vérifiez avec quelques contacts fictifs que les différentes sources décrivent bien la même personne. Des sources contradictoires doivent être arbitrées avant le lancement, pas au milieu de la campagne.
3. Définir les activités et préparer les contenus
Précisez ce que chaque activité doit produire. S’agit-il d’ajouter des contacts à une liste, de transmettre une information ou de demander l’envoi d’un message ? Associez à ces activités un responsable et une destination. La description doit permettre de comprendre le résultat attendu sans ouvrir tous les outils.
Préparez ensuite les contenus personnalisés : objet, texte, lien et page de destination. Un email de bienvenue peut présenter une première étape utile ; le suivant doit tenir compte des interactions déjà observées. Les mails ne doivent pas répéter une consigne accomplie ni orienter les contacts vers une offre devenue indisponible.
4. Relire chaque chemin et ses conditions
Parcourez le scénario comme si vous étiez l’un des contacts. Que reçoit une personne qui répond immédiatement ? Que se passe-t-il sans réponse ? Les différentes branches doivent avoir une issue compréhensible, y compris lorsque des données manquent.
Cette relecture concerne aussi l’expérience globale. Une suite d’activités techniquement correcte peut sembler décousue si le ton, les délais ou le contenu changent sans raison. Vérifiez la cohérence avec les autres campagnes actives et attribuez clairement la gestion des exclusions.
5. Suivre, apprendre et faire évoluer la version
Après le lancement, examinez le tableau de bord et quelques cas individuels. Distinguez un blocage de données, une erreur de destination et un contenu qui suscite peu d’engagement. Ces problèmes appellent des corrections différentes.
Conservez une description de chaque version : activités modifiées, hypothèse testée et indicateur suivi. Faites évoluer un élément à la fois lorsque cela permet de mieux interpréter les résultats. Vous pourrez améliorer les campagnes sur des observations concrètes, tout en préservant une expérience cohérente pour les contacts.

Un exemple de bienvenue.
Où créer vos journeys : CDP ou plateforme d’engagement client ?
Une plateforme d’engagement client, ou CEP (Customer Engagement Platform), réunit généralement l’orchestration des communications, la personnalisation des contenus et l’envoi sur plusieurs canaux.
Le meilleur emplacement est celui qui réunit les données utiles à la décision et les moyens de piloter les actions prévues. La catégorie de logiciel ne suffit pas à trancher : toutes les CDP ne disposent pas d’un Journey Builder, et les plateformes de marketing automation n’offrent pas les mêmes possibilités d’intégration vers des outils externes.
Si votre entreprise utilise un data warehouse, les prérequis de l’activation des données restent essentiels : identifiants exploitables, champs nécessaires aux règles et fréquence de mise à jour adaptée au besoin.
Pour décider, dessinez un parcours réel avec vos équipes marketing et data. Indiquez où sont prises les décisions, où les messages sont envoyés et comment les résultats reviennent. Évitez de répartir une même règle métier dans plusieurs outils sans responsable clairement identifié.
Critère | Via une CDP dotée d’un moteur de parcours | Via une plateforme d’engagement client (CEP) |
|---|---|---|
Point de départ | Les données clients disponibles dans la CDP pour définir les audiences et les règles du parcours. | Les données de profil et d’interaction disponibles dans la plateforme, enrichies par ses intégrations. |
Construction du parcours | Définir les entrées, attentes, branches, sorties et activations vers les outils connectés. | Définir les déclencheurs, conditions et séquences de communication sur les canaux pris en charge. |
Création et envoi des messages | Les outils de destination prennent en charge les contenus et les envois. | La plateforme réunit généralement l’éditeur de parcours, la personnalisation des contenus et l’envoi. |
Périmètre à coordonner | Plusieurs destinations : outils d’engagement, plateformes publicitaires ou autres applications connectées. | Les canaux de la plateforme, complétés par les intégrations et actions externes disponibles. |
À privilégier lorsque… | Vous voulez piloter une logique commune à partir des données clients tout en conservant plusieurs outils d’exécution. | Vous voulez réunir la conception du parcours et l’exécution des communications dans un même environnement. |
Sept critères pour choisir un Journey Builder
1. Le type de données utilisables dans les règles
Demandez à construire une condition avec les données dont votre équipe a besoin : dernière commande, statut d’abonnement, préférence de canal ou ticket de support ouvert. Un connecteur présent dans un catalogue ne prouve pas que tous ces champs sont utilisables dans chaque étape.
Vérifiez la manière dont les tables sont reliées et les valeurs manquantes traitées. Si la date du dernier achat est inconnue, le profil est-il exclu, orienté vers une branche par défaut ou conservé en attente ? Cette réponse doit être lisible par le responsable de campagne.
2. Des entrées et des réentrées maîtrisées
Un parcours peut accepter une cohorte unique ou accueillir de nouveaux profils au fil du temps. Ce choix est distinct de sa fréquence d’exécution.
Examinez ensuite les règles de réentrée : une personne peut-elle recommencer le parcours après l’avoir terminé ? Après combien de temps ? Combien de fois au maximum ? Une audience encore éligible ne doit pas provoquer une succession involontaire de relances.
Demandez une démonstration avec un profil qui reste dans l’audience après sa sortie, puis un autre qui la quitte avant d’y revenir. Les résultats doivent correspondre à votre politique métier.
3. Une temporalité explicite
Une attente de deux jours et une attente jusqu’à un achat n’ont pas la même fonction. Pour chaque bloc, vérifiez le point de départ du délai, le fuseau horaire, la durée maximale et le comportement si la condition n’est jamais remplie.
Il faut également distinguer l’heure de l’événement, sa disponibilité dans les données et son traitement par le parcours. Un achat enregistré à 10 h 05 ne pourra pas modifier une décision à 10 h 06 si le parcours ne réévalue les profils qu’à 11 h.
Le besoin de réactivité dépend du cas d’usage. Un programme hebdomadaire de fidélisation et une relance après abandon ne demandent pas forcément la même cadence. Faites préciser les délais de bout en bout, au-delà d’une simple mention « temps réel ».

Trois moments à distinguer.
4. Des sorties et des exclusions vérifiables
Définissez les situations qui rendent une action inutile ou inappropriée : achat réalisé, changement de statut, consentement devenu incompatible avec le canal ou problème de service client.
Vérifiez si les règles de sortie concernent tout le parcours ou seulement une branche, à quel moment elles sont évaluées et quelles actions peuvent déjà être parties. Quitter un parcours ne signifie pas nécessairement annuler un envoi déjà accepté par une destination.
Pour une stratégie omnicanale, demandez aussi où sont gérés les conflits entre parcours et la pression commerciale. Un plafond appliqué dans un outil d’email ne couvre pas automatiquement les autres canaux.

Trois situations possibles.
5. Des activations dont le résultat est observable
Pour chaque destination, identifiez l’action exacte : ajouter un profil à une audience, mettre à jour un attribut, déclencher un scénario ou demander un envoi. Ces opérations n’ont pas les mêmes effets.
Testez un identifiant absent et une erreur temporaire. Le profil reste-t-il bloqué ? Une nouvelle tentative est-elle prévue ? Comment éviter les doublons ? L’équipe doit pouvoir distinguer une étape franchie, une requête acceptée et une communication effectivement livrée.
6. Un contrôle opérationnel accessible
Demandez à voir les droits de création et de publication, les validations avant lancement, ainsi que le comportement des versions en cours d’exécution.
Une pause mérite un test à part entière. Que deviennent les personnes déjà en attente ? La reprise conserve-t-elle leur position ? Comment sont traités les délais écoulés pendant l’interruption ? Ne supposez pas qu’un bouton « pause » annule les actions déjà transmises aux autres outils.
7. Une mesure et un coût cohérents avec l’usage
Votre équipe doit pouvoir comprendre les volumes entrants, les profils à chaque étape, les sorties et les erreurs. Demandez un tableau de bord qui distingue l’activité du parcours, la performance des messages et le résultat commercial. Un taux d’ouverture d’email et un taux de réachat ne répondent pas à la même question. Reliez ensuite ces informations à l’objectif métier : réachat, renouvellement ou activation d’un service.
Pour une marque qui utilise plusieurs parcours, vérifiez aussi qu’une même vente n’est pas additionnée plusieurs fois dans les rapports. Précisez les clients inclus dans chaque calcul, la période de mesure et les sources utilisées. Le tableau de bord doit aider les équipes marketing et commerciales à comprendre les résultats, au-delà de l’activité de chaque canal.
Un taux de conversion observé ne suffit pas à démontrer un effet causal. Si vous voulez mesurer l’incrémentalité, vérifiez comment organiser un groupe témoin et conserver les données nécessaires à l’analyse.
Évaluez enfin le coût complet : abonnement, volumes de profils ou d’événements, destinations, traitements du warehouse et temps de maintenance. Un prix mensuel ne révèle pas toujours le coût d’un parcours exécuté plus fréquemment.
Tester votre Journey Builder avec un scénario concret
Préparez un exemple fictif de réactivation : des clients sans achat depuis 90 jours entrent dans un parcours, reçoivent une première communication puis, après deux jours, peuvent être orientés vers une seconde action si leur situation le permet. Ces délais servent au test ; ils ne constituent pas une recommandation universelle.
Ce cas s’inscrit dans une démarche de lifecycle marketing : adapter l’action à la relation avec le client. Pour évaluer l’outil, sa complexité doit rester limitée. L’essentiel est d’observer les exceptions.
Profil fictif | Situation à tester | Preuve attendue |
|---|---|---|
Alice | Achète pendant l’attente | Sortie lors de l’évaluation prévue, avec délai et actions déjà parties identifiables |
Bilal | Devient inéligible au canal avant la seconde action | Aucune nouvelle activation sur ce canal après prise en compte du changement |
Chloé | Reste éligible après avoir terminé | Réentrée conforme au délai et au plafond configurés |
David | N’a pas l’identifiant requis par la destination | Erreur ou exclusion visible, sans réussite trompeuse |
Emma | Se trouve en attente lorsque le parcours est mis en pause | Position conservée ou autre comportement explicitement documenté à la reprise |
Avant la démonstration, écrivez les résultats attendus avec votre équipe data et le responsable CRM. Utilisez des destinations de test pour éviter tout envoi réel.
Pour chaque exigence, notez : démontrée, disponible avec configuration, dépendante d’un autre outil ou absente. Une réponse commerciale sans preuve reste « à vérifier ». Les critères indispensables doivent rester éliminatoires ; une excellente ergonomie ne compense pas une règle de sortie incompatible avec votre usage.
Comment DinMo peut vous aider à créer vos journeys
Dans DinMo Customer Hub, les Journeys permettent de construire et de piloter des parcours à plusieurs étapes. Chaque profil conserve sa position dans le parcours entre deux exécutions. Vous pouvez ainsi coordonner des actions successives, au-delà d’une simple synchronisation d’audience.
De l’audience à l’activation
L’éditeur visuel propose six types d’étapes :
Start définit les profils qui peuvent entrer, à partir d’une audience ou d’un événement, ainsi que les règles de réentrée.
Wait fait patienter les profils pendant une durée ou jusqu’à un jour et une heure définis.
Segment répartit les profils entre plusieurs chemins selon la valeur d’un champ.
Pause Until attend une condition sur le profil ou un événement, dans la limite de la durée maximale configurée.
Activate envoie les profils vers une ou plusieurs destinations configurées.
Stop termine le chemin suivi par le profil.

Construire un parcours dans DinMo Journeys — animation de la page produit, en anglais.
Maîtriser les entrées et les réentrées
Le bloc Start permet de choisir une audience ou un événement comme point d’entrée. Pour éviter des relances trop rapprochées, vous pouvez définir un délai minimal de réentrée et limiter le nombre total d’entrées. Les règles de sortie permettent de retirer les profils dont la situation ne correspond plus au scénario.

Exemple de paramètres de réentrée dans DinMo — interface en anglais.
Garder le contrôle pendant l’exécution
Les règles de sortie s’appliquent à l’ensemble du Journey, quelle que soit la position du profil.
Les Journeys sont évalués lors d’exécutions planifiées ou déclenchées manuellement. Les règles ne sont pas réévaluées en continu entre deux exécutions : la fréquence choisie doit correspondre au délai attendu pour prendre en compte un achat ou un changement de profil.
Vous pouvez préparer un Journey en brouillon, le publier et le mettre en pause. Pendant une pause, les profils conservent leur position. L’activité affichée reflète la dernière exécution réussie. Ces repères permettent à l’équipe de comprendre la progression et de vérifier le comportement du parcours avant d’étendre son utilisation.
Observer la progression des profils
L’onglet Activity indique les profils entrés, présents, avancés ou sortis à chaque étape. Ces volumes reflètent la dernière exécution réussie. Vérifiez la livraison des messages et les résultats commerciaux dans les outils concernés.

Suivre l’activité d’un parcours dans DinMo Journeys — animation de la page produit, en anglais.
Passer du scénario au parcours opérationnel
Un Journey Builder transforme vos règles marketing en un parcours que l’équipe peut suivre et faire évoluer. Le choix dépend des données nécessaires, des destinations à activer et du niveau de contrôle attendu, que l’orchestration se trouve dans une CDP ou dans un outil de marketing automation.
Avec DinMo, vous pouvez construire ces parcours dans Customer Hub, définir leur progression et activer vos destinations au fil des étapes. Commencez par un objectif précis, une audience et quelques conditions de sortie. Testez les exceptions, puis ajustez le calendrier d’exécution avant le lancement.



















